Le manque de confiance en soi n’est pas une fatalité

Il y a deux ans, j’étais intervenu dans une PME lyonnaise en tant que consultant Eqinox. J’avais pour mission d’effectuer une douzaine de positionnements individuels à l’équipe d’encadrement. Les restitutions s’étalaient sur plusieurs jours et la dernière concerna la directrice administrative et financière.

J’avoue que j’appréhendais un peu cette restitution. Je n’avais jamais vu jusqu’à présent un si faible niveau de confiance en soi. Faible n’était pas le qualificatif approprié, inexistant convenait mieux. Son profil montrait de véritables tensions internes, pour ne pas dire de réelles souffrances. Je me suis posé beaucoup de questions avant d’effectuer cette restitution : comment aborder de façon objective et factuelle certaines frustrations, sans heurter, voire blesser la personne ?

Arrive l’après-midi et commence la restitution, j’avais l’impression de me trouver face à un mur. Toute la première phase, je n’ai eu aucune réaction, aucune question. Je suis au milieu du diagnostic et j’attaque la « toile d’araignée » qui mesure les seize traits de personnalité. L’outil montrait un grand écart entre sa ressource et son comportement sur la confiance en soi. Je lui donnais les clés de lecture et lui expliquait qu’un tel écart signifiait un effort considérable. Elle me regardait intensément depuis plusieurs minutes, son visage changea de couleur. Je lui précisais « Vous savez, ce n’est qu’un outil de mesure, il y a une marge d’erreur, il n’est fiable qu’à 98 % »

Elle m’a alors dit d’un ton placide : « Non, tout ce que vous dîtes est entièrement juste et vrai… Je suis quelqu’un qui n’a jamais eu confiance en soi, mais toute ma vie je ne l’ai jamais montré, jamais ! »

A partir de ce moment-là, un véritable échange a commencé. Elle m’a expliqué son enfance, son rapport à son père qui la rabrouait et la dévalorisait systématiquement. Je lui ai expliqué alors la neuroplasticité du cerveau, que l’on pouvait changer les choses, mettre en place des stratégies pour changer. Elle me fit alors la confidence suivante : « Le plus dramatique dans tout ça, c’est que je l’ai transmis à mes deux enfants »

Cet après-midi m’avait réellement interrogé, il n’était pas utile de me convaincre que l’on a qu’un seul cerveau, que ce soit pour son travail, pour sa vie sociale et privée. Cette femme était à quelques années de la retraite et au moment de nous séparer, elle m’a remercié et m’a dit la chose suivante : « Ce qui est dommage, c’est que cette prise de conscience arrive avec trente ans de retard… ». A cela, je lui ai répondu qu’il n’était jamais trop tard, même à 55 ans.

J’ai accompagné cette personne pendant plusieurs mois. Elle s’est affirmée dans son équipe et a amélioré sa communication. Mais surtout elle a pris du temps pour elle, chose qu’elle s’était toujours interdite durant toutes ces années. Elle a commencé des cours de théâtre et l’apprentissage d’un instrument de musique. Un an après, elle a refait son diagnostic, sa ressource confiance en elle avait grandi. Ma mission dans cette entreprise s’est terminée et à notre dernière rencontre elle a eu la gentillesse de m’offrir un livre.

Je ne suis ni un psychologue, ni un gourou et encore moins un prêcheur de vertu ou un prédicateur de vérité. Il n’y a pas de morale à cette histoire. Mon seul message est celui de dire que tous les changements, petits ou grands, commencent toujours par une simple prise de conscience.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Visit Us On LinkedinVisit Us On Facebook